Que réserve la future ISO 9001:2026 ? Décryptage des nouveautés et des pistes d’évolution

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La révision d’ISO 9001 poursuit son cours avec la publication d’un DIS (Draft International Standard), une étape importante mais non définitive vers la future version 2026. Pour les organisations certifiées ou en voie de l’être, l’enjeu consiste à comprendre les orientations qui se dessinent sans perdre de vue que certains éléments pourraient encore évoluer. Le contexte belge et luxembourgeois, marqué par un tissu dense de PME industrielles et de prestataires de services, rend cette anticipation d’autant plus stratégique.
Un référentiel en transition, déjà marqué par l’amendement 2024
La base normative actuelle reste ISO 9001:2015, enrichie depuis 2024 par l’amendement A1. Celui-ci impose d’intégrer explicitement les changements climatiques dans l’analyse de contexte et la compréhension des attentes des parties intéressées. Cette évolution est déjà en vigueur et influence la manière dont les entreprises doivent aborder leurs risques, leur gouvernance et la continuité de leurs activités.
Pour de nombreuses organisations, notamment en Wallonie ou au Luxembourg où les chaînes d’approvisionnement sont fortement interconnectées, cette exigence climatique constitue déjà un chantier structurant.
Les nouveautés proposées par le DIS : tendances possibles de la future ISO 9001:2026
Le DIS 2026 ne bouleverse pas l’architecture de la norme, mais introduit des précisions qui reflètent les enjeux actuels du management de la qualité.
Une culture qualité plus visible et plus démontrable
L’une des évolutions majeures porte sur la promotion d’une culture qualité et d’un comportement éthique. Là où la version 2015 insistait sur le rôle de la direction, le DIS précise désormais la nécessité de démontrer cet engagement de manière tangible.
Cela peut se traduire par des actions structurées telles que :
- la déclinaison concrète des valeurs qualité auprès des équipes,
- l’intégration d’un code d’éthique aligné sur la politique qualité,
- des exemples explicites d’engagement managérial (retours d’expérience internes, communications, pratiques quotidiennes),
- des programmes de formation ou d’accueil renforçant la compréhension des attentes.
Cette orientation vise à réduire l’écart entre théorie documentaire et pratiques réelles observables sur le terrain.
Une gestion des risques plus structurée
Le DIS distingue trois étapes : identification, évaluation et pilotage des risques et opportunités. Cette clarification répond à une difficulté fréquemment rencontrée lors des audits, où ces concepts étaient parfois confondus ou traités de façon inégale entre services.
La nouvelle structure, soutenue par une Annexe A enrichie, offre un guidage plus opérationnel pour les organisations et pourrait améliorer la cohérence des audits internes comme externes.
Résilience opérationnelle et sécurité de l’information
Le projet introduit également une attente plus explicite en matière de continuité d’activité et de protection des informations.
Les entreprises sont encouragées à :
- prévenir les pertes massives de données,
- renforcer leurs plans de continuité,
- sensibiliser le personnel aux risques technologiques et aux ruptures potentielles.
Cette évolution répond aux réalités contemporaines : dépendance accrue aux outils numériques, cybermenaces, vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement.
Une Annexe A plus pédagogique
La nouvelle Annexe A, plus détaillée, facilite l’interprétation des clauses. Cette évolution est particulièrement utile pour les PME et les organisations multisites, souvent confrontées à l’ambiguïté de certaines exigences.
Ce qui pourrait encore évoluer avant la publication officielle
Comme tout DIS, certaines exigences pourraient être ajustées avant 2026. Plusieurs aspects restent sujets à discussion au sein des comités :
- La manière d’évaluer la culture qualité : l’ISO pourrait encore affiner la façon dont les organismes doivent démontrer cette dimension, afin d’éviter des interprétations trop subjectives.
- Le degré de formalisation attendu pour l’éthique : la ligne entre valeurs organisationnelles et exigences auditables n’est pas encore complètement stabilisée.
- L’intégration des enjeux climatiques : même si le principe est acquis depuis l’amendement 2024, la profondeur attendue dans la version finale pourrait varier selon les retours internationaux.
- La place de la résilience organisationnelle : certains pays militent pour qu’elle soit davantage explicitée, d’autres pour qu’elle reste à un niveau d’attente générale.
Ces points pourraient donc connaître des ajustements rédactionnels ou conceptuels.
Se préparer dès aujourd’hui : une démarche progressive et pragmatique
Pour les organisations belges et luxembourgeoises, souvent engagées dans plusieurs référentiels (qualité, environnement, sécurité), l’enjeu consiste à anticiper sans surinterpréter le DIS. Une préparation efficace peut inclure :
- une révision de l’analyse de contexte pour y intégrer les risques climatiques et les facteurs externes influençant la qualité ;
- une analyse de maturité de la culture qualité actuelle, incluant la communication interne, les comportements attendus et les compétences ;
- un renforcement des audits internes pour intégrer la nouvelle logique risques/opportunités ;
- une mise à jour des dispositifs de continuité d’activité et de protection des données ;
- un dialogue renforcé avec la direction afin d’aligner gouvernance, stratégie et politique qualité.
La transition vers ISO 9001:2026 sera d’autant plus fluide que ces fondations auront été posées en amont.
e structures métalliques, qu’il s’agisse d’ateliers EXC1 ou d’entreprises certifiées EXC3. L’amendement A1 publié en 2024, intégré progressivement dans les audits 2025, modernise plusieurs exigences techniques afin d’harmoniser les pratiques industrielles européennes.
Pour les ateliers belges et wallons, cette mise à jour implique des adaptations concrètes dans les procédés de soudage, la vérification des matériaux, le contrôle qualité et la protection anticorrosion.
